Guarapita devait donner un concert de soutien avec l’association Nemesis à la Petite Rockette samedi 05 juin. Notre but n’est certainement pas de relancer une polémique mais d’apporter ici des explications sur notre décision d’annuler le concert, par respect envers tous ceux venus participer au soutien, et qui, pour une partie, n’ont pas su pourquoi le concert n’a pas eu lieu.

Mais avant tout, nous tenons à nous excuser envers Nemesis production, le collectif de soutien à Mumia ainsi qu’envers S.A.F, Evita et le public.

Par où commencer ? Par notre arrivée, je crois et par le début des balances. On arrive vers 17 heures, 1 heure de retard grâce aux bouchons (le val d’oise ce n’est pas à coté), mais ça ne dérange personne... Nous recevons très bon accueil de la part de SAF, Evita. On décharge le matos on installe tout on discute avec le gazier à qui la sono appartient(appelons le Georges), premier contact cool... On commence les balances, et là ça se corse... Georges commence à bien prendre la tête à un copain ingé-son venu rendre service pour l’occasion. Il lui parle mal, mais, grand prince, l’ingé son fait l’effort de garder son calme. Pendant 20 30 minutes Georges déréglera tout ce qui sera à régler, allant même jusqu’à scotcher les boutons, pour qu’ils soient inutilisables... Ambiance... On arrive à une sorte de compromis, Georges se calme et on finit les balances, sans scotch sur les boutons et avec un son correct même si l’ambiance s’est un peu tendue. Mais ça non plus ce n’est pas grave.

Les gens arrivent petit à petit, les potes aussi, tout le monde se détend. Nous en profitons pour ramener un peu de monde en allant tracter aux Vignoles.

C’est bientôt l’heure du concert, donc comme d’habitude on commence à préparer la guarapita, cocktail dont le groupe tient son nom, à base de rhum et de jus de fruits pour ceux qui ne connaissent pas. Avant de vous narrer la suite je précise que ceux qui le voulaient sont rentrés avec leurs bières ou leurs bouteilles. Au moment de verser le rhum dans le seau, arrive un mec du lieu (on l’a vu dans l’après-midi), qui jette son mégot de clope dans le seau et qui nous insulte, en gros : on lui fait un enfant dans le dos on n’a pas à faire ce qu’on fait... De quoi ?

Je cite : "Vous êtes en train de me niquer mon bar déjà que vous vous gardez les entrées, le bar c’est pour moi." Et là-dessus ses potes ajoutent qu’ils vont nous "masser" qu’"ils sont nombreux" ici qu’il connaissent du monde, bref menace effrayante comme les loubards en bandanna dans les clips de Mickael Jackson... Dans leur foncedé, ou leur euphorie, un des types nous sort qu’il est le propriétaire du squat : GROSSE RIGOLADE.

On répond quand même que c’est un concert de soutien, donc on lui explique le principe : on n’est pas payé (il savait pas), encore moins avec les entrées (il savait pas), qu’on ne compte pas vendre de guarapita (il savait pas) mais le distribuer gracieusement (il savait pas) comme à chaque fois (il savait pas), qu’on prette le matos (il savait pas), et que si ça le gênait il aurait pu faire autre chose que de jeter son mégot dans notre seau en nous menaçant. Il ne savait pas non plus qu’il représentait les habitants de son "squat". On rajoute donc qu’on l’emmerde et que pour nous ce type là, c’est tout sauf un mec avec une mentalité intersquat comme le revendiquait son T-shirt...

Bref ça se barre bien en couille, tout le monde est chaud, comment jouer dans ces conditions ? Avant qu’une baston générale ne se déclenche, on préfère remballer notre matos, en nous excusant auprès de SAF et de Nemesis production. Certaines personnes nous confient qu’elles auraient fait pareil à notre place. Et là des types qu’on n’a pas vu de la journée viennent nous voir, nous disent qu’ils veulent discuter, que l’on peut s’arranger, alors qu’aucune autre personne du lieu n’a bougé pendant l’embrouille... Nous avons répondu qu’on aurait bien joué POUR Mummia mais certainement pas CHEZ des mecs qui sont prêts à se battre pour les entrées d’un concert de trente personnes et pour la thune d’un bar d’un lieu dit "autogéré".

Certains diront sûrement que c’était pas bien grave, qu’on aurait pu jouer quand même... désolé mais là, on nous insulte, on nous menace sans qu’on n’aie rien fait qui mérite ça, on nous traite de voleur alors que l’on vient en soutien avec tout le matos (connaissant la réputation du lieu, qui dépasse les frontières du périphérique, ce n’est pas peu...)

On est censé réagir comment ? dire merci ? Tendre l’autre joue ? Faire payer la guarapita et reverser le bénéf aux tôliers ?

Le manque d’humilité - comme quelques uns nous le reproche - n’a rien à voir la dedans, et partir avant de déclencher une baston c’est sûrement plus sage... Pas "pro" peut-être (quoique ce mot n’a rien à faire dans notre démarche), mais on vous laisse seul juge du professionnalisme de l’accueil qu’on a reçu de la part uniquement des "propriétaires" des lieux...

Encore désolé pour Nemesis, SAF, Evita et bien évidemment pour tout ceux qui sont venus voir un concert qui n’a pas eu lieu.

Encore un grand Merci aux copains de la CNT de nous avoir accueillis le lendemain.

Plus d’infos : https://paris.indymedia.org/spip.ph...